Introduction
Il existe tant de légendes sur le tir au fusil à lunette qu'il est difficile de croire que l'utilisation de cette arme soit à la portée de tout le monde
La nécessité d'appliquer des tirs sélectifs dans les engagements militaires et policiers, a créé un besoin incontournable dans l'emploi de cette arme.
Il est essentiel de comprendre ce qui différencie l'utilisateur d'un fusil à lunette du simple fantassin, si l'on veut l'utiliser correctement.
Cette différence réside dans le fait qu'il a la capacité de traiter des objectifs inaccessibles pour les autres combattants, grâce à son équipement et à sa formation. Le grossissement de sa lunette de tir lui permet une meilleure identification des objectifs, une vitesse d'acquisition plus rapide ainsi que la possibilité de tirer plus loin que les autres armes légères de la section.
Dans un premier temps, il convient de déterminer les deux types de tireur au fusil à lunette :
Le Tiflu (tireur au fusil d'assaut à lunette)
Lorsque le tireur au fusil à lunette fait partie d'un groupe de combat, je recommande l'usage d'un fusil d'assaut standard sur lequel on peut monter et démonter en quelques secondes une lunette de tir ou un appareil de tir de nuit.
Ce choix repose sur le fait que la plupart des fusils d'assaut de bonne fabrication :
- offrent une bonne précision jusqu'à 600 mètres;
- utilisent la même munition et les mêmes chargeurs que le reste du groupe;
- permettent de tirer rapidement dans toutes les positions;
- permettent un emploi normal lors des déplacements;
- n'attirent pas l'il, notamment dans les missions de maintien de la paix. Ce n'est pas un luxe mais un gain de sécurité qui, à mon avis, vaut n'importe quel gilet pare-balles.
Cette conception du fusil de tireur d'élite déplaît à ceux qui n'estiment pas la cartouche de 5.56 suffisamment performante.
L'expérience démontre toutefois que cette cartouche est utilisable sans problème jusqu'à 600 mètres et qu'une blessure à cette distance est souvent bien plus grave qu'à la distance d'engagement courante de ce calibre. Ce phénomène provient principalement du fait que le projectile a perdu beaucoup de vitesse et qu'il bascule plus rapidement à l'impact et endommage ainsi plus de tissu.
La formation TIFLU est rapide (environ 40 heures) et complète l'instruction de base déjà reçue au fusil d'assaut.
Le TE (tireur d'élite)
Cet homme est un spécialiste à part entière. Sa formation, son armement et son équipement doivent correspondre aux exigences tactiques. Il reçoit une instruction poussée lui permettant d'engager des objectifs humains jusqu'à 1000 mètres.
Il peut également, suivant les besoins, recevoir une instruction particulière sur un fusil de gros calibre (tireur d'élite anti-matériel, TEAM) afin d'engager du matériel à grandes distances.
Cependant, bon nombre de problèmes subsistent malgré l'évolution du matériel.
Une instruction particulière demande des cadres bien formés, des supports pédagogiques et une infrastructure adaptés, ce qui est rarement le cas ou alors de manière sporadique. La principale raison provient de l'absence de doctrine cohérente dans l'emploi des TE.
Tous ces problèmes ne pourront être résolus qu'au moment où l'on verra la création de compagnies de TE. En effet, la section de TE n'est qu'une partie de la solution; seule une structure du niveau de la compagnie peut disposer des moyens humains et matériels permettant une utilisation optimale de ces moyens.
Il est donc urgent de penser autrement
Seule la compagnie est en mesure d'assurer la formation interne non seulement de ses tireurs mais avant tout de ses cadres. Une des raisons essentielles dans la difficulté de former ces spécialistes, provient du fait que le chef de section comme le chef de groupe TE ne commandent qu'exceptionnellement à vue. Ils engagent leurs moyens sur la base d'une intention tactique, en fixant des missions à caractère général. Ce type de commandement est réservé d'habitude aux chefs de bataillons.
La compagnie est nécessaire dans les conflits de haute et basse intensité, ainsi que dans les missions de maintien de la paix. Elle seule est en mesure d'assurer tous les aspects d'une mission de contre/anti-sniping grâce à ses cadres, à ses moyens de soutien, à ses véhicules et à ses armes d'appui : "Plus l'intensité du combat est faible, moins la compétence d'engagement peut être déléguée !".
De plus, elle est un moyen efficace de combattre l'infiltration d'éléments de forces spéciales, par bouclage de zone, battues, pistage et surveillance de points sensibles. L'ennemi peut être combattu soit par le feu direct des équipes, soit par les armes lourdes de la compagnie.
Dernière mise à jour : 31.08.2004