
Introduction
Aujourd'hui le sniping est considéré comme une discipline à part entière, il n'en a pas toujours été ainsi.
De l'élimination des chefs et des observateurs d'artillerie durant la première guerre mondiale à la destruction de moyens sophistiqués de télécommunication et de personnels spécialisés de nos jours, les doctrines ont évolué au fil du temps.
Leur point commun est d'avoir cherché à obtenir un ou plusieurs des effets suivants :
L'application de ces doctrines a favorisé la création de nombreuses écoles, dans lesquelles les tireurs d'élite recevaient un solide enseignement technique et tactique. Toutefois, elles ont généralement négligé la formation des commandants et des officiers d'état-major sur l'emploi de ces spécialistes.
L'une des principales conséquences en est que dans le combat mobile les tireurs d'élite ne se trouvent que très rarement là où on en aurait besoin. D'une part, l'échelon supérieur ne sait pas les engager, et d'autre part, il n'y en a pas assez
L'idée du sniping de 4ème génération est de donner à toutes les troupes un moyen immédiat de traiter des buts habituellement confiés aux équipes de sniper. En démocratisant la formation à usage général, on en forme rapidement un grand nombre de tireurs. Ainsi, on est sûr d'en avoir un sous la main en cas de besoin, pour combattre immédiatement l'adversaire.
A l'heure actuelle, l'efficacité du sniping demeure incontestée. Ses fonctions restent les mêmes (déstabiliser, détruire, appuyer). En revanche, les combats se déroulant au niveau des petits échelons, dans des zones compartimentées (quartiers urbains, bidonvilles, etc.), le sniping doit être introduit jusqu'aux plus petits échelons et devenir une compétence de base du soldat. De surcroît, les nécessités tactiques actuelles requièrent du fantassin la capacité de combattre aussi bien à distance de conversation qu'à distance éloignée.
Afin d'améliorer cette capacité, la tendance est d'équiper ledit fantassin d'un fusil d'assaut avec une lunette à faible grossissement, dotée d'un réticule gravé de plusieurs hausses. L'idée est de pouvoir agir de manière efficace dans un grand nombre de situations.
L'emploi d'une lunette offre les avantages suivants :
Mais, malgré ces avantages, souvent vantés par les fabricants de lunettes, l'efficacité opérationnelle n'est pas optimale
L'une des raisons est que la plupart des organismes veulent former des "petits snipers" sous prétexte que le fusil est pourvu d'une lunette. L'instruction s'en trouve influencée mais ne correspond pas aux besoins réels. Par exemple, l'estimation de distance en vue de choisir la gravure de hausse la mieux adaptée ralentit en fait l'ouverture du feu
A mon avis, l'approche doit être radicalement différente. Le tireur ne doit pas perdre de temps à estimer une distance avant d'ouvrir le feu, sous peine de tirer trop tard ou de ne pas tirer du tout. C'est pour cette raison que le sniping de 4ème génération est basé sur trois principes simples mais ô combien efficaces :
L'application de ces principes, associée à l'apparence du but, considéré comme rapproché ou éloigné, offre des probabilités considérables de toucher très rapidement jusqu'à 500 mètres avec un minimum de coups.
Le module de tir développé dans ce manuel est générique, afin de fonctionner avec tous les matériels. Suivant les principes de l'instruction de quatrième génération, il ne nécessite qu'une journée de formation et 300 cartouches pour que le tireur obtienne un niveau opérationnel.
Philippe Perotti
Dernière mise à jour : 22.03.2008