Principes NDS

Quelques principes de base guident la réflexion de NDS

Le tir est un monde fini.

Il y a un début, un milieu, et une fin. D'un point de vue militaire, le tir ne saurait être une fin en soi. La compétition n'apporte pas grand-chose au soldat. En effet, même si elle permet de simuler l'énervement du combat, le stress, et qu'elle motive le dépassement de soi, elle ne prend pas en compte le stress réel, et impose des règles sportives qui deviennent bien vite des œillères. Au combat, tout est possible…

Il est possible, au niveau de l'utilisateur, de faire le tour de la question en deux à trois ans. Et ensuite ? Ensuite, il faut passer à autre chose. Les premiers secours, les transmissions, la tactique, le combat à mains nues, etc.

L'instruction collective est souvent négligée, parce qu'apparemment plus difficile à mettre en œuvre… C'est une faute…


Apprendre à tirer est simple

A la différence de beaucoup d'autres activités, le tir ne nécessite pas une grande intelligence ou une grande coordination psychomotrice. Il est en effet beaucoup plus simple d'apprendre à tirer au fusil qu'à couper correctement avec un sabre, qu'à effectuer une projection de judo ou une clé. Les bases du tir peuvent être dispensées en quelques heures. Le reste n'est que littérature.


Attention à la diplômite.

Les papiers, les titres et les certificats sont importants. Ils représentent des points de passage obligés. Il obligent à une certaine unification de l'instruction, à créer un tronc commun, un standard partagé, permettant de structurer l'enseignement à dispenser.

Une fois acquis, il faut se souvenir qu'ils ne sont que des instantanés, l'état à un certain moment de l'instruction acquise.


Il n'existe pas de techniques avancées ou de techniques secrètes.

Il n'y a que des bases maîtrisées. Le tir étant un monde fini, et sécurisé, il est tentant d'entraîner ce pour quoi on a de la facilité, et de renoncer à travailler le reste. La formation du soldat ou du policier nécessite d'autres connaissances, en particulier dans le domaine du combat à mains nues ou avec les armes intermédiaires. Cette formation est plus longue à acquérir, mais sera fréquemment plus utile que les soi-disant cours "avancés" dispensés par bien des écoles.

Le travail en petite équipe est un autre axe de travail essentiel. Et de la qualité des chefs dépend bien souvent le succès.


Il faut rester un élève

On évite ainsi de se prendre trop au sérieux, ce qui est le danger principal de la profession. Les instructeurs et moniteurs, particulièrement quand ils ont atteint un certain degré de maîtrise, après quelques années de pratique, ont avantage à étudier un art difficile et nécessitant à nouveau plusieurs années d'apprentissage. Ils y gagneront de la stabilité, et une certaine profondeur.


L'instruction est darwinienne...

Au cours des âges, les systèmes d'instruction qui n'ont pas su s'adapter aux besoins tactiques sont tombés dans l'oubli. Au grand dam de beaucoup, nous ne pouvons rester figés. Nos manuels ne sont quelque part déjà plus tout à fait à la page au moment de leur parution. Mais il faut bien cristalliser l'état à un moment donné.


Qu'instruirons-nous dans cent ans ?

Au risque de nous avancer, nous pensons que dans une centaine d'années, à moins de révolutions dans les techniques d'enseignement, les principes que nous développons ci-après auront toujours une certaine validité. Ils ne sont d'ailleurs pas très différents de ceux utilisés il y a un siècle, en tous cas.